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Les élèves de Champagnat célèbrent l’amitié franco-canadienne près d’Amiens

Autrice : Mélissa-Anne Turgeon, enseignante d’anglais au programme Langues & Multimédia, coordonnatrice au programme Langues & Multimédia, école secondaire Champagnat

Plus d’une vingtaine d’élèves de l’école secondaire Champagnat ont visité la région d’Amiens, près de Paris, dans le cadre de l’échange scolaire avec la France organisé par leur école, du 12 au 23 mai dernier. Ils ont ainsi pu retrouver leurs jumeaux et jumelles qu’ils avaient reçus chez eux à Lévis en février dernier.

La thématique de l’échange 2026 visait à souligner l’amitié franco-canadienne qui s’est développée près d’Amiens lors de la Première Guerre mondiale. Plusieurs troupes canadiennes étaient alors stationnées dans cette région et elles ont permis de protéger Amiens face à l’armée allemande.

Courcelette : un nom de rue lévisienne chargé d’histoire

La rue Courcelette croise la rue Champagnat, sur laquelle est située l’école, à la hauteur du Fort Numéro Un, et l’échange a permis aux élèves d’en comprendre l’origine.

La rue est nommée en mémoire de la bataille de Flers-Courcelette de 1916 près d’Amiens. Cette bataille a impliqué l’une des seules unités francophones de l’armée canadienne de l’époque, le Royal 22e Bataillon surnommé le « Vandoo » par les soldats anglophones. Le 22e Bataillon recrutait ses membres dans la région de Québec, dont à Lévis.

Au matin du 15 septembre 1916, les troupes canadiennes se lancent à l’assaut du village de Courcelette, tenu par les Allemands dans le cadre de la grande (et désastreuse) Bataille de la Somme. Le 22e Bataillon s’empare du village lors de combats au corps à corps et parviendra à tenir ses positions pendant quatre jours, repoussant 11 contre-attaques allemandes visant à le reprendre. Les pertes du 22e sont effroyables : sur 800 hommes, seulement 118 sont encore en état de combattre au quatrième jour. Pour la petite histoire, Courcelette est aussi la première bataille de l’histoire où des chars d’assaut furent envoyés au combat.

Le lieutenant-colonel du 22e Bataillon, Thomas-L. Tremblay, dira de cette bataille : « Si l’enfer est aussi mauvais que ce j’ai vu à Courcelette, je ne le souhaite pas à mon pire ennemi! ».

Se souvenir

Lors de leur passage, les élèves de Champagnat se sont recueillis sur le sobre monument érigé sur le site de la bataille de Courcelette et ils ont pu en signer le registre. Ils ont aussi visité les sites militaires des environs : un fort souterrain à Albert transformé en musée, des anciennes tranchées, le cratère géant de Lochnagar et différents cénotaphes. Les nombreux cimetières militaires, avec leurs milliers de tombes parfaitement alignées et gravées des noms de soldats parfois à peine plus âgés que les élèves, ont marqué les esprits des jeunes Lévisiens.

Enfin, les élèves de Champagnat, en collaboration avec leurs jumeaux amiénois, ont tous écrit et lu une lettre commémorant l’amitié franco-canadienne, et ils ont planté un arbre dans la cour de l’école en souvenir de l’échange et de l’amitié entre Lévis et Amiens.

Un échange enrichissant et prometteur

Les élèves de Champagnat ont aussi pu découvrir les multiples attraits de la région d’Amiens : sa cathédrale de 800 ans presque deux fois plus grande que Notre-Dame de Paris, ses hortillonnages composés de centaines d’hectares d’espaces verts et de canaux en pleine ville, la Baie de Somme et bien sûr, un arrêt obligé à Paris en fin de voyage.

Les familles amiénoises ont chaleureusement reçu nos élèves et leur ont fait visiter une multitude de sites et fait réaliser des activités très variées. Notons qu’un conflit entre Lévisiens et Amiénois persiste : faut-il dire chocolatine ou pain au chocolat?

Les larmes et les émotions ont été au rendez-vous le jour du départ. Mais parions que bon nombre de familles lévisiennes et amiénoises resteront en contact et que plusieurs se reverront dans le futur.

De plus, l’école Champagnat et le Collège St-Riquier d’Amiens prévoient déjà une deuxième édition de l’échange pour 2028.